Visite du Mémorial des déportations | 3° | Avril 2026

Dans le cadre de leurs cours d’Histoire-Géographie, la classe de 3°2 s’est rendue, en avril, au Mémorial des déportations. 
A l’issue de cette visite, les élèves ont rédigé un article pour revenir sur cette sortie. 

Ci-dessous un témoignage d’un élève.

« Lors de la visite de ce lieu de mémoire à Marseille, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’un endroit historique mais d’un espace pour se souvenir des victimes et réfléchir aux conséquences de la guerre. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les chiffres des personnes arrêtées et déportées, car ils montrent l’étendue de la violence de cet événement. Le silence et l’atmosphère de ce lieu créent un sentiment de respect et de tristesse. On prend d’ailleurs conscience que ces évènements ont eu lieu ici même, dans une ville que l’on connaît aujourd’hui comme vivante et ouverte.

L’opération Sultan est une grande rafle organisée à Marseille en janvier 1943 pendant l’occupation allemande. Elle se déroule principalement du 20 au 24 janvier 1943. Elle a été menée par la police française et les autorités allemandes pour arrêter les habitants, principalement juifs et étrangers. Pendant cette opération, un quartier du Vieux-Port a été évacué puis détruit. Environ 30.000 habitants ont été expulsés de leur logement et près de 1500 immeubles ont été dynamités. Des milliers de personnes ont été contrôlées, arrêtées ou expulsées de leur logement. Au total, 1600 ont été arrêtées et près de 800 juifs ont été déportés après cette rafle.

Cette opération montre que Marseille était considérée comme une ville dangereuse par les autorités de Vichy et de l’Allemagne nazie, car elle était vue comme un lieu de résistance, de pauvreté et d’immigration. Dans la moitié du 20ème siècle, l’image de Marseille était partagée : d’un côté un grand port ouvert sur le mode, et de l’autre une ville mouvementée, avec une population très diverse (ce qui déplaisait aux nazis attachés à la « pureté de la race ») et une criminalité importante. Pendant la seconde guerre mondiale, de nombreuses personnes vivant dans les Bouches du Rhône ont été victimes de déportation : environ 2000 juifs, de 1942 à 1944, beaucoup ne sont jamais revenus, la majorité a été assassinée, une minorité a survécu.

Le parcours d’Albert Veissid montre concrètement ce que ces évènements signifiaient pour une personne déportée : arrêté en 1943, parce que « juif », il a été emprisonné puis envoyé dans un camp de travail en France, avant d’être déporté en 1944 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. Là-bas, il est survécu notamment grâce à son talent de musicien, car il a été intégré à l’orchestre du camp, ce qui lui donnait des conditions de vie un peu moins dures que les autres prisonniers. Après a guerre, il est revenu en France et a témoigné plus tard de ce qu’il avait vécu.

Ce lieu de mémoire permet donc de comprendre l’histoire de Marseille pendant la seconde guerre mondiale et de ne pas oublier les victimes. Il rappelle aussi l’importance de la tolérance et du respect entre les personnes. Se souvenir de ces événements aide à éviter que de telles injustices se reproduisent à l’avenir. Ce travail de mémoire est donc essentiel pour les générations futures, afin qu’elles comprennent l’importance de défendre la liberté et les droits humains. Personnellement, cette visite m’a fait réfléchir sur la fragilité de la paix et sur la nécessité de rester vigilants face aux discriminations. »

Imrane SMAIL, 3°2